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Début décembre :
Saint Affrique conserve son image  d’irréductible défenseur des hôpitaux de proximité...Le verdict est tombé : la chirurgie est maintenue, 24h/24h, 7 jours/7...C’est l’Agence régionale de l’hospitalisation qui a officialisé cette décision. Le combat était pourtant loin d’être gagné... Mais là encore, la détermination des élus et de l’ensemble de la population a pesé dans la balance ! Sur le papier, le fonctionnement du service de chirurgie est acquis pour deux ans... Mais l’équipe médicale s’attend à de nouveaux assauts de la part d’un gouvernement bien décidé à imposer son point de vue. L’hôpital de Saint-Affrique peut désormais envisager l’avenir proche avec sérénité. Le nouveau projet médical élaboré dans le cadre de la défusion est désormais en bonne voie. Rappelons que l’équipe médicale s’élargit avec l’arrivée de trois urgentistes, d’un gynécologue et d’un cardiologue. Un peu de répit après le tsunami de ces derniers mois... pourvu que ça dure !
Retour sur les faits avec Pierre Chevallier, président de la commission médicale de l’établissement : Ecouter
et Alain Fauconnier, président de la coordination des hôpitaux de proximité, et maire de Saint-Affrique : Ecouter

Hôpital de Saint Affrique : la résistance a encore payé, par Audrey, publié dans "L'Humanité" du 3 décembre.
La population de Saint-Affrique, petite ville du Sud Aveyron, était à nouveau sur le pied de guerre la semaine passée,  bien déterminée à sauver « son hôpital ». Lundi dernier ils étaient environ 2 000 à se rendre à la réunion publique , destinée  à organiser la mobilisation.
Dès mercredi, les 50 maires du bassin saint-affricain ont lancé un mouvement de "mairie morte" : aucun acte administratif assuré (sauf ceux des services sociaux), et appels téléphoniques redirigés vers la préfecture. Jeudi, les médecins ont fermé leur cabinet ( sauf cas d'urgence) pour se rendre à Rodez, où ils ont  symboliquement remis leurs plaques professionnelles, aux côtés des maires qui eux ont rendu leur écharpe d'élu. Une manifestation a également été prévue pour le samedi suivant, et certains, comme le Dr Mania,  envisageaient même d'entreprendre une grève de la faim si nécessaire.
         Mais heureusement, le ministère a fait machine arrière, la veille de la manifestation, et Saint-Affrique reste le bastion de la résistance contre  les assauts répétés d’une politique gouvernementale qui vise à faire disparaitre les hôpitaux de proximité. C'est la troisième fois de l’année, que l’hôpital Emile Borel en subit les effets.
Tout a commencé en Juillet dernier : un article paru dans le Parisien a semé le trouble. Il évoquait en effet une vague de « décès suspects », mettant en cause les compétences de l'équipe médicale. Le journaliste avait eu accès à des informations provenant d’une commission d’évaluation, chargée de veiller au bon fonctionnement du service de chirurgie. Ces propos mensongers ont provoqué un soulèvement général, du côté des élus comme de la population : réunion publique, menace de manifestations, convocation des médias nationaux, rien n’a été laissé au hasard. L’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH), en charge de la commission d’évaluation,  à accepté de revoir les pièces versées au dossier.  C’est ainsi que des erreurs grossières ont été décélées, obligeant l’ARH a reconnaître qu’elle s’était bel et bien trompée. L’équipe médicale salie par cet article diffamatoire, attend toujours le démenti promis par M. Gudicelli l’expert en chef… Mais au début du mois d’aôut, l'essentiel semblait acquis : le service de chirurgie était sauvé.
Au mois de septembre, le député Alain Marc (UMP), et le maire de Saint-Affrique Alain Fauconnier (PS), ont été reçus par le cabinet de Roselyne Bachelot,  pour mettre au point un nouveau protocole. A l'issue de cette entrevue, les deux élus sud-aveyronnais sont rentrés au pays satisfaits.
Mais la joie fût de courte durée : un mois plus tard, une lettre de cadrage est arrivée sur bureau du directeur de l'établissement. Elle devait officialiser les décisions prises oralement au mois de septembre. Une clause inattendue est apparue dans ce courrier : la chirurgie était maintenue...Sauf la nuit, le week-end et les jours fériés. Consternation, incompréhension et colère : cette mesure allait à l'encontre des engagements pris par le ministère de la santé quelques semaines auparavant. Mais surtout, elle plaçait les médecins dans une situation absurde, et ingérable. Absurde, car l'équipe médicale est quand même au complet 24h/24, 365 jours par an, pour assurer la sécurité de la maternité.  Ingérable, car à 17h58, cette même équipe  peut opérer.  A 18h01 elle  n'en a plus le droit.  Que faire dès lors des patients dont l'opération nécessite une prise en charge rapide, sans être pour autant une urgence vitale? Le Dr Arnould, représentant des médecins généralistes du bassin saint affricain lors de la réunion publique d'informations ironise : "choisissez bien vos heures d'appendicite ou de hernie"...
Plus sérieusement, cette clause est le point de départ d'un mécanisme qui met en jeu le pronostic vital de l'établissement. En effet, il entraîne irrémédiablement une baisse d’activité aggravée par la "fuite" de certains patients vers d'autres établissements, qui préfèreront s'adresser « ailleurs », de peur de trouver un service fermé, ou de risquer un transfert sur un autre hôpital.   Si la chirurgie est mise à mal, ce sera au tour de la maternité de  succomber à son tour, suivie de près par les urgences, tout ça au nom d'un "pseudo rationalisme budgétaire imbécile", rajoute le Dr Arnould. Le site de la coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité regorge malheureusement d'exemples de ce type. Le gouvernement souhaite en effet regrouper les compétences médicales autour de grands pôles urbains, au nom d'une plus grande efficacité et d’une meilleure gestion économique. Mais connait-il vraiment les réalités du territoire qu'il gouverne? C'est un cas parmi bien d'autres, mais si l'hôpital Emile Borel  disparaît, c'est environ 3000 personnes qui se retrouveront à plus de 3/4 d'heures d'un hôpital, sans compter les difficultés de circulation sur des petites routes de campagne, notamment en période hivernale.  Depuis la mise en place des franchises médicales, l’utilisation d’ambulances est un luxe que tout le monde ne pourra pas s’accorder, surtout dans une région où la population est vieillissante.
         Si les hôpitaux de proximité disparaissent, où sont réduits à une simple infirmerie, le "désert sanitaire" avancera : les jeunes médecins refuseront de s'installer loin d'un plateau technique, et les inégalités d'accès aux soins se creuseront. Les habitants de Saint-Affrique ont remporté cette semaine une victoire, mais pour combien de temps? Et combien d'hôpitaux disparaissent dans un silence consternant?
         Ce phénomène dépasse le simple cadre de la santé. Il rentre dans le processus de démantèlement des services publics, qui divise le territoire, et prive les citoyens de leurs droits les plus élémentaires. L'hôpital a remporté une bataille, grâce à la détermination d'une population bien décidée à continuer à naître, vivre, et mourir dignement, dans un pays fier de ses traditions rurales. Mais on ne peut oublier que la lutte des avocats n'a malheureusement pas connu une issue aussi heureuse : six tribunaux ont été rayés de la carte du département. A Saint-Affrique, on ne se réjouit donc pas outre mesure. La vigilance reste de mise, car l'on s'attend à ce que le gouvernement revienne à la charge. Le village des irréductibles défenseurs des hôpitaux de proximité (siège social de la Coordination Nationale de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité) se tient déjà prêt : voir le site touchepasàmonhosto.com !

Note : A chaque interlocuteur cité correspond une interview que nous tenons à votre disposition sur simple demande à la radio.

Fin novembre :
-C
onférence de presse le 28 novembre au soir, avec Alain Marc, Jean Milési, Alain Fauconnier
-U
n point de la situation au matin du 28 novembre : Ecouter
-C
ompte-rendu complet de la réunion publique du 26 novembre,
avec Alain Fauconnier, Emile Mania, Bernard Arnould, Jean-Luc Jaffuel, Christine Bosc

-I
nterventions lors de la réunion à l'hôpital le 21 novembre :
Alain Fauconnier, maire de Saint-Affrique, Rose Combes, Sud Santé, Pierre Chevalier, président de la commission médicale de l'établissement

-7 septembre : L'hôpital est (partiellement) sauvé ! Rose Combes (Sud Santé).

-Retour sur les faits (fin juillet) ...
« Un procès à la lybienne ». Telle est l’image retenue par Alain Fauconnier, maire de Saint-Affrique, pour exprimer sa colère et son idignation face à « l’affaire » de l’Hôpital de Saint-Affrique. Elus, représentants syndicaux et personnel hospitalier, étaient réunis lundi soir à Saint-Affrique, pour une grande réunion d’information publique, destinée à apporter un démenti sur les récentes accusations dont a été victime le service de chirurgie viscérale de l’hôpital.
Un article paru dans le Parisien le 19 juillet dernier, évoquait en effet une vague de « décès suspects », mettant en cause les compétences du Dr Acheiabi et de son équipe. Les réactions ont été vives au sein de la population, qui s’est rassemblée en masse dans la salle des fêtes de la ville hier, pour manifester son soutien.
Transparence : tel était le mot d’ordre du discours de Pierre Chevallier, président de la commission médicale de l’hôpital. Il a tout d’abord expliqué les raisons des décès « suspects » : « Ces actes chirurgicaux, étaient destinés à améliorer la fin de vie de patients en phase terminale . Aucun des patients n’est décédé sur la table d’opération, mais bel et bien des suites de la maladie.».
L’ensemble des intervenants présents estiment qu’ils sont victimes d’un procès mené par un « jury à charge », manipulant les chiffres et les données, avec un seul objectif : jeter le discrédit sur cet établissement, pour le faire fermer.
Si à l’heure actuelle, seul le service de chirurgie est menacé, Pierre Chevallier craint « l’effet domino », qui conduirait à la disparition programmée de la maternité. Celle-ci ne peut pas fonctionner sans une équipe de chirurgie présente sur place.
Ce mauvais coup porté à l’hôpital de Saint Affrique, a une dimension qui dépasse le simple cadre local. Il entre dans la logique de restructuration du système hospitalier, voulue par le gouvernement. Cette logique entraine la disparition programmée des hôpitaux de proximité, comme ce fût le cas pour Ambert, Quimperlé, Pertuis…En s’en prenant à l’hôpital de Saint Affrique, ses détracteurs espèrent « couper la tête du serpent », explique Alain Fauconnier. Saint-Affrique est en effet le symbole de la lutte pour préserver un maillage sanitaire serré sur le territoire, surtout en milieu rural. Politiques budgétaires, contre une conception humaine et égalitaire du système de santé, voilà l’enjeu de ce conflit.
Jean-Luc Malet, conseiller général de l’Aveyron a été lui-même soigné et guéri par le Dr Acheiabi. En parlant d’une expérience personnelle douloureuse, il a déclaré : « Comme quoi, on peut mourir en bonne santé dans un CHU, mais pas d’une maladie grave dans un hôpital de proximité, surtout pas à Saint-Affrique ». Des propos qui reflètent l’incompréhension et la colère de la plupart des Saint-Affricains.
On l’aura donc compris, la réunion de lundi était destinée à organiser la défense de l’hôpital, et à répondre aux propos « diffamatoires » dont il est la cible. Prochaine étape : le 7 Août, date à laquelle la commission d’évaluation rendra ses conclusions et scellera le destin de l’hôpital de Saint-Affrique. Audrey.

Les commentaires et réactions :

Fin juillet :
Alain Fauconnier
, maire de Saint-Affrique et président d'honneur de la coordination nationale.

Pierre Chevalier, président de la commission médicale de l'établissement.
Pierre Pantanella, président du collectif de défense des services publics en Aveyron.

1er août : Alain Marc, député de la circonscription de Saint-Affrique/Millau.
2 août : François Aubart, vice-président du Conseil national de la chirurgie.
et la réaction de Pierre Chevallier..
3 août : Jean-Luc Malet, conseiller général du canton de Saint-Affrique.
Jean Milési, conseiller général de Camarès (président de la Commission "Services publics").

-En savoir plus sur la coordination nationale.